[Column] We don’t celebrate Christmas

Soon Christmas is coming but there is no Christmas for radiation.
Molten and fractured nuclear fuel keeps reacting regardless of the calendar, also our body is affected by radiation restlessly.

Like in many countries in the world, December is a special month in Japan. Especially children like it because they can have Christmas presents, cakes, winter vacation, and new years’s day.
However, at least in Fukushima city, about half of the children have thyroid cysts and nodules. Some of them have countless number of nodules. I’m trying to imagine how their parents are feeling now.

Some of them are still in temporary housings, always threatened by the risk of radiation and additional exposure.
They can’t even be reassured to eat Christmas cake. I personally wouldn’t eat it. Strawberry, cream, wheat, I have seen all the data to show cesium has been measured from those things. Cream is made of milk, which may contain Strontium.

I can never feel like celebrating Christmas nor new year’s day.
I don’t die even if I don’t celebrate it. I will keep fighting restlessly, until I die.
I sometimes remember how it was in December when I was in Japan. but every time I look back, I remember, there was no future in the society at that time, it was ** months before the end.
so I don’t feel nostalgic.

Blogging. This is all I can do for the people remaining in Japan. I know the readers decrease in this holiday season, but I’ll just do my best whether it’s sunny or rainy.
However, I don’t want to be packed in this small channel forever. I hope to have my voice reach further and wider somehow. Now I’m looking for the way.

While I’m writing this, some malignant growth might be growing in my thyroid, bone or brain as well. Having an acute symptom to fall down somewhere I don’t know is one of my biggest nightmares. That will be the end of Fukushima Diary.
but until the very last moment, I’ll be writing an article or column. I will fall down in the pose of typing the last alphabet.
I want to make this web-journalism industry as powerful as massmedia. I want to end them. I don’t have much to lose but want to burn the rest of my life for that.

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Français :

[Édito] On ne fête pas noël

C’est bientôt Noël mais il n’y a pas de Noël pour la radioactivité.
Les combustibles nucléaires fondus et brisés continuent de réagir sans se soucier de calendriers, nos corps aussi sont irradiés sans pause.

Comme pour beaucoup de pays du monde, décembre est un mois spécial au Japon. Les enfants l’aiment particulièrement parce qu’ils reçoivent leurs cadeaux de noël, des gâteaux, ont leurs vacances de noël et le nouvel an.
Ceci dit, au moins dans la ville de Fukushima, environ la moitié des enfants ont des kystes et des nodules thyroïdiens. Certains ont d’innombrables nodules. J’essaye d’imaginer ce que ressentent leurs parents en ce moment.

Certains d’entre eux sont toujours dans les abris provisoires, toujours menacés par le risque radioactif et à des expositions supplémentaires.
Ils ne peuvent pas être rassurés par une bûche de noël. Personnellement, je n’en mangerai pas. Fraises, crème, farine, j’ai vu toutes les données montrant le césium qu’on a relevé dedans. La crème est fabriquée à partir du lait qui contient du strontium.

Je ne pourrai jamais fêter Noël ou le nouvel an.
Je n’en mourrai pas. Je continuerai à me battre sans cesse, jusqu’à la mort.
Je me souviens parfois de ce qu’était décembre au Japon quand j’y étais mais chaque fois que j’y repense, je me rappelle qu’il n’y avait pas de futur pour cette société à ce moment-là, c’était ** mois avant la fin.
Alors j’ai la nostalgie.

Blogguer. C’est tout ce que je peux faire pour les gens qui se souviennent au Japon. Je sais que le nombre de lecteurs diminue en cette période mais je fais de mon mieux, qu’il pleuve ou qu’il vente.
Enfin, je ne veux pas être réduit à ce petit canal pour toujours. J’espère arriver à ce que ma voix porte plus loin et plus large d’une façon ou d’une autre. Je cherche comment.

Pendant que j’écris ceci, une tumeur maligne est peut-être en train de pousser dans ma thyroïde, mes os ou mon cerveau, aussi bien. Avoir des symptômes aigus et m’effondrer dans un coin que je ne connais pas, c’est un de mes pires cauchemars. Ce serait la fin du Fukushima Diary.
mais jusqu’au dernier moment, j’écrirai un article ou un éditorial. Je tomberai en position de taper ma dernière lettre d’alphabet.
Je veux que cette industrie de web-journalisme devienne aussi forte que la grande presse. Je veux les fermer. Je n’ai pas grand chose à perdre mais je veux passer le reste de ma vie à ça.

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